La Grande Remontée
Retour sur La Grande Remontée de la Loire en septembre 2023 : trois semaines de navigation, une trentaine de bateaux traditionnels remontant le fleuve de Nantes à Orléans, une centaine de marinier·ères, une vingtaine d’escales scientifiques, artistiques et festives…
Je m’en souviens comme d’un tableau. Une grande peinture aux couleurs pastel dans laquelle se sont glissées des centaines de saynètes.
De gauche à droite, l’estuaire, le port, la grande ville, les lumières, les bouées rouges, les bouées vertes, puis plus de bouées, les îles, les villages, les ponts, trois barques en bois le long de la rive, un barrage.
Une vingtaine de bateaux traversent la peinture. Des fûtreaux, des toues, un Non-Chaland… Certains ont mis la voile, d’autres se la coulent douce au moteur. Je vois un bateau sous un pont, c’est Mélusine et son équipage qui bourde dans les remous, un petit groupe les pieds dans l’eau leur a lancé un bout’ et tire en rythme.
Des foules sur les rives
Tout au long du fleuve, de nombreux villages sont représentés. Des foules sur les rives attendent l’arrivée des bateaux, des buvettes ont été installées, des chaises en cercle sont prêtes à accueillir la discussion du jour “Sables et sédiments, le travail du fleuve”, plusieurs stands ont été montés pour l’occasion, des marchés, des expositions, des concerts. On aperçoit un personnage vêtu de bleu et de rouge perché sur un tonneau, c’est le crieur de Loire ! Il débarque dans les ports pour partager les nouvelles du jour.
Dans un coin du tableau, des chaises bleues sont disposées dans le lit de Loire. Plusieurs créatures s’y sont installées. Un saumon et une lamproie discutent avec un pêcheur, un cygne, une batelière, un agent d’EDF, un castor, une épave, un baigneur et une kayakiste partagent leurs différentes visions et expériences du fleuve.
Dans le port d’Orléans, les bateaux sont amarrés. C’est la fin du voyage.
Vivre sur la Loire, c’est vivre hors du monde, hors du temps, à en donner le mal de terre.
Paulin Champenois
Paysagiste