Sur le plateau, la vigne
Avec 20 000 hectares de vignes et 27 appellations aux cépages variés, l’Anjou se place au 3e rang des régions viticoles françaises. Ce qui participe à la beauté du paysage.
Plantée principalement sur le plateau calcaire de la rive gauche de la Loire, la vigne offre au paysage une linéarité singulière, par la régularité de ses rangées de ceps. L’œil bute quelquefois sur la présence d’un clos de pierre entourant le parcellaire viticole. Nombreux dans le Saumurois, ces clos sont édifiés dans leur grande majorité aux XVIIe et XVIIIe siècles et servent à protéger la vigne contre les animaux et les grappilleurs. Le clos est un marqueur social permettant d’affirmer le rang d’un propriétaire et sa fortune : les 16 hectares de vignes attenants au château de Chaintres, à Dampierre-sur-Loire, sont ceints d’un mur de près de 1,8 km percé par plusieurs grands portails offrant des perspectives sur les ondulations du terrain et les propriétés viticoles. Si la crise du phylloxera marque un coup d’arrêt à la construction des clos de pierre, il existe néanmoins une exception notable, celle des deux clos édifiés par Antoine Cristal à la fin des années 1890 à Parnay et Souzay-Champigny. Protégés en 2011 au titre des monuments historiques, les deux clos Cristal sont une reconnaissance du caractère patrimonial des murs à vigne.
Un paysage venté
Figure emblématique du Sud-Est angevin, le moulin à vent de type cavier a une origine troglodytique. Il apparaît au milieu du XVIe siècle dans les environs de Doué-la-Fontaine. Il s’affranchit bien vite du monde souterrain pour s’implanter en bordure du coteau saumurois. La masse hors-sol construite en pierre de taille abrite plusieurs caves (d’où le nom de cavier) et est destinée au stockage et au blutage. Elle est surmontée d’un massereau de forme conique, également en pierre de taille. Le centre du massereau comprend un pivot, pièce en bois verticale reliée d’une part aux meules et d’autre part à la cabine en bois du moulin, appelée hucherolle, qui supporte les ailes.
Aujourd’hui, le plus souvent privés de leur partie supérieure, les moulins caviers égrènent leurs curieuses silhouettes tronquées au cœur du paysage viticole.