Le long du périmètre de la vallée de la Loire inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, un observatoire photographique participatif du paysage (OPPP) a été créé en 2020. Imaginé à partir d’une coopération entre la Mission Val de Loire et un photographe, il se fonde sur la reconduction collective de points de vue, partagés avec des habitants. L’entretien qui suit présente ce dispositif inédit, ainsi qu’une sélection d’images qui en sont issues.
Extrait d'un entretien avec Imola Gebauer et Christophe Le Toquin, tous deux à l'origine de l'observatoire photographique participatif du paysage en val de Loire.
Qu’est-ce qu’un observatoire photographique du paysage, et dans quel contexte ce dispositif est-il apparu ?
Lancée pour les vingt ans de la Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale (Datar), en 1983, la commande « Paysages photographies » s’achève en 1989 avec la publication de l’ouvrage éponyme, qui a marqué l’histoire de la photographie et initié des propositions variées, que la Bibliothèque nationale de France a exposées en 2017.
C’est la direction de la Nature et des Paysages du ministère de l’Environnement qui a conçu, en 1989, l’idée d’un observatoire photographique national du paysage. Sa mission, définie dans le cahier des charges, s’inscrit dans le contexte de l’aménagement du territoire : « Constituer un fonds de séries photographiques permettant d’analyser les mécanismes de transformation des espaces et les acteurs qui en sont la cause de façon à orienter favorablement l’évolution du paysage. » Une série initiale est constituée de points de vue destinés à être reconduits selon un « protocole » défini à l’échelle nationale.
Quand et comment l’idée d’un observatoire photographique participatif à l’échelle du Val de Loire inscrit sur la liste du patrimoine mondial est-elle apparue ?
Fin 2018, la Mission a fait le constat qu’elle manquait de données sur l’évolution des paysages inscrits. Nous n’avions pas d’indicateurs, pas de « photographies » d’un paysage de référence, ni d’outils d’analyse. Nous convoquons un paysage à partir de schémas et de blocs-diagrammes qui réduisent l’analyse à des composantes – coteaux, berges ou vallées –, mais ne disent rien des variations fines ou des processus de transformation du territoire que sont la fermeture de vues, la disparition de seuils, l’évolution des façades urbaines, ou les cycles saisonniers.
Quelques exemples nous ont beaucoup intéressés, comme l’analyse de l’érosion du trait de côte via les reconductions photographiques par Denis Gabbardo (« Littoral avant, après », 2016). La photographie permet à la fois de renouveler l’approche des représentations des paysages ligériens, et d’établir un temps de référence.
En 2000, l’Observatoire Loire de Blois a créé un premier observatoire photographique du paysage autour du fleuve en Loir-et-Cher, avec les photographes Katarina Johnson et Christophe Le Toquin. En 2019, nous nous sommes retrouvés avec Béatrice Amossé, directrice de l’Observatoire, et Christophe Le Toquin pour imaginer d’étendre cet outil à l’échelle du Val de Loire Unesco. La commande a été lancée en 2020, à la sortie du premier épisode de confinement, et lors du 20e anniversaire de l’inscription.
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| Auteur : | Entretien réalisé par Olivier Gaudin |
| Revue : | Les Cahiers de l'École de Blois, no 23, « Paysages partagés », p. 110-121 |
| Éditeur : | École de la nature et du paysage - Insa Centre-Val de Loire Éditions de la Villette |
| Date de parution : | 2025 |